A l’école des saints : Saint Bernard de Clairvaux (1090 -1153)
Publié le 6 Décembre 2025
Saint Bernard de Clairvaux (1090 -1153)
Mgr Cristiani – apostolat de la presse – 1962 -230 pages
Troisième d’une famille de haute noblesse bourguignonne ayant 7 enfants, Bernard, de belle prestance, est promis à une vie de chevalier. « Entre les mains d’une mère profondément croyante dont la tendresse savait s’unir à une fermeté sans défaillance, il grandit dans la piété, la simplicité, l’obéissance, l’énergie, sans mollesse et sans crainte. »
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A 20 ans se pose la question de sa vocation ; il est modeste, voire timide, recherchant la solitude et le silence. Il est décrit comme ayant une beauté à la fois virile et douce, attirant tous les regards. Ses yeux bleus « où brillaient une pureté d’ange et une simplicité de colombe, répandaient sur son visage un doux éclat ; la grâce régnait sur son front, une grâce qui venait de esprit non de la chair » dit son premier biographe. Après une longue lutte intérieure, il décide d’entrer à Citeaux, le monastère le moins connu, le plus récent, le plus rigide, le plus pauvre de toute la chrétienté. Non seulement il résiste à tous les avis mondains mais entraîne avec lui ceux-là mêmes qui voulaient le dissuader ; toute la famille le suivra tôt ou tard ; dès son entrée, il est accompagné de 30 compagnons.
Citeaux ne tarde pas à essaimer notamment à Clairvaux que l’abbé confie à Bernard (il a 25 ans) . Il est ordonné cette même année par Mgr Guillaume de Champeaux. La mission est très dure ; il faudra 10 ans pour que le monastère assure sa propre subsistance. Bernard persiste avec foi mais ses mortifications excessives le rendent malade, obligeant son supérieur (St Pierre Harding abbé de Citeaux) à lui imposer une retraite d’un an au cours de laquelle il affine la règle en y introduisant la « mesure » qu’il nomme « discretio » pour empêcher les excès de mortification de ses moines.
Très vite, à travers ses écrits et ses sermons, Bernard montre une éloquence exceptionnelle. Il prêche avec clarté et simplicité que l’infusion doit précéder l’effusion : « remplissez donc d’abord votre âme et c’est seulement après l’avoir fait que vous songerez à vous répandre. » Il est en outre soutenu par une profonde piété mariale : «Pensez à Marie, ayez la toujours sur les lèvres, toujours dans le cœur ; et, pour obtenir le suffrage de sa prière, ne manquez pas de suivre l’exemple de sa vie. Tant qu’on la suit, on ne dévie pas ; tant qu’on pense à elle, on n’erre pas. Avec son appui on ne peut choir. »
Bien malgré lui, il acquiert une grande renommée qui le fait considérer comme le grand docteur de son siècle et va le mener à intervenir dans les affaires du monde. Il est sollicité pour défendre Innocent II face au schisme d’Anaclet (1131-1135). Puis il est impliqué directement dans les controverses théologiques avec Abélard qui finit par se convertir et se retirer à Cluny. Enfin, à partir de 1145 il prêche la deuxième croisade à la demande du pape.
Profondément attaché à sa vie de moine, Bernard, par pure obéissance, passe 14 ans (sur 42 de vie monastique) à l’extérieur de Clairvaux pour servir l’Église. Sa santé fragile et déclinante (depuis ses excès de mortification) ne l’a pas empêché d’être le serviteur habile et fort; à sa mort, Clairvaux qui compte 700 moines a essaimé dans 164 abbayes. ses dernières années sont assombries par le décès de deux grands amis : Suger (abbé de Saint Denis et chancelier des rois Louis VI et Louis VII) et le pape Eugène II (cistercien). Il rend son âme à Dieu, doucement, le 20 août 1153. Canonisé en 1174, il est déclaré docteur de l’Église en1830. G.G.